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Patrick Spies: Welche Lehren ziehen wir aus dem Vennbrand?

Monsieur le Président,    
Madame la Ministre,
Chers collègues,

A partir du 14 août dernier, notre Région a connu une des pires catastrophes écologiques de son histoire. Cet incendie constitue un choc environnemental sans précédent pour notre Région.

Mais je voudrais d’abord commencer par l’essentiel : remercier celles et ceux qui ont lutté contre l’incendie des Hautes-Fagnes.

Les pompiers, les agents du DNF, les agriculteurs, la Protection civile, les militaires, les communes, les bénévoles, les services de secours venus d’autres pays : toutes ces femmes et tous ces hommes ont travaillé dans des conditions extrêmement difficiles, parfois dangereuses, pour contenir un feu d’une ampleur exceptionnelle.

Nous leur devons du respect et de la reconnaissance.

Je veux aussi insister sur le rôle central des agents du DNF. Dans cette crise, leur connaissance du terrain, des accès, des chemins, des zones sensibles, des tourbières et des massifs a été déterminante.

Ce sont eux qui ont guidé, orienté, conseillé. Cela rappelle une évidence : dans nos forêts, la proximité territoriale n’est pas un luxe administratif, c’est une condition d’efficacité.

Mais remercier les intervenants ne doit pas empêcher de poser les questions politiques. Et ces questions sont nombreuses.

Le Gouvernement savait. Le risque de feux d’espaces naturels était documenté par les scientifiques.

Il était débattu au Parlement depuis des mois.

Plus d’un an avant la catastrophe, nous avions déposé une résolution demandant précisément ce qui a manqué : une stratégie, une cartographie, des exercices, une alerte, une coordination, des équipements, des moyens pour le DNF.

Cette résolution, c’est vous qui l’avez rejetée. Et je l’avais dit à l’époque : ce refus, c’est une faute politique.

Bien sûr, le vote de cette résolution n’aurait pas empêché l’incendie. Mais on peut dire une chose : la Wallonie aurait dû être mieux préparée.

Gouverner, ce n’est pas attendre que la catastrophe arrive pour constater qu’il manque des outils. Gouverner, c’est anticiper.

Or, aujourd’hui encore, il reste des zones d’ombre dans ce dossier.

Première zone d’ombre : la cartographie des voiries d’accès aux forêts. Le 29 juin, vous m’indiquiez qu’elle n’était pas pleinement opérationnelle sur l’ensemble des zones les plus exposées. Après l’incendie, Mme Bluge a expliqué en Commission des Affaires générales que des travaux existaient déjà et couvraient la zone concernée.

Très bien, mais alors soyons précis :

cette cartographie existait-elle réellement le 14 août ?

À qui avait-elle été diffusée ?

Par quel canal ?

Quelle part de la forêt wallonne est aujourd’hui couverte ?

Les forêts privées le sont-elles également ?

Deuxième zone d’ombre : l’indice de risque incendie.

Depuis des mois, nous plaidons pour un système clair, lisible, comparable à ce qui existe en Flandre ou en France, avec des niveaux de vigilance et des mesures concrètes qui en découlent.

Le 15 juillet, nous sommes plusieurs à interroger le Ministre-Président sur le sujet, il confirme l’absence de cet indice. Dans la presse, le 18 août, des scientifiques ont rappelé qu’ils avaient été mandatés par le précédent Gouvernement pour réaliser cet indice mais que la mission a été abandonnée faute de budget. Ces éléments sont corroborés par le cabinet du Ministre-Président dans le même article.

Or, lors de votre prise de parole dans l’émission QR le débat, vous expliquez que cet indice existe.

Alors la question est simple: Où est le vérité ?

Cet indice existe-t-il vraiment ?

Dès lors : qui en disposait avant l’incendie ?

Comment a-t-il été communiqué ?

Quel était le niveau de risque entre le 10 et le 14 août ?

Quelles mesures préventives en découlaient ?

Et à qui ces recommandations ont-elles été transmises ?

Troisième zone d’ombre : la restauration des Hautes-Fagnes. La fin de l’incendie ne marque pas la fin de la crise.

Elle ouvre une phase longue, scientifique, écologique et budgétaire.

Les tourbières, les nappes phréatiques, la rétention d’eau, la biodiversité, les sols, le carbone et les risques d’érosion sont directement concernés.

Nous avons appris la mise en place d’un comité de restauration sous la responsabilité du Secrétaire général du SPW, tandis que des scientifiques de l’ULiège annoncent une task force.

Les associations environnementales, actives depuis des décennies dans les Hautes-Fagnes, doivent aussi être pleinement associées.

À notre avis, il faut éviter la cacophonie.

Alors les questions qui se posent ici sont les suivantes :

Qui pilote ?

Avec quelle gouvernance ?

Quel rôle pour le DNF, le DEMNA, les universités, les gestionnaires Natura 2000 et les associations ?

Quel budget ?

Quel calendrier ?

Enfin, il y a une question de fond : celle des moyens publics.

La crise a montré que le DNF est indispensable, mais aussi sous pression.

On ne peut pas, en période de crise, saluer les agents du DNF, et le reste de l’année fragiliser leurs missions, leurs moyens, leur ancrage territorial ou leur équipement.

Madame la Ministre, ce débat ne doit pas servir à chercher des boucs émissaires parmi les acteurs de terrain.

Ils ont fait leur travail lors de l’incendie. La question est politique : la Wallonie était-elle prête ? À ce stade, la réponse est non.

Ce qui a manqué, ce n’est pas l’information.

Ce qui a manqué, c’est la responsabilité, l’anticipation, la décision et les moyens.

Je vous remercie pour votre bonne attention.

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