Parlement Wallon – 05.06.2026
Question orale de Monsieur le Député Patrick Spies à Madame Anne-Catherine Dalcq, Ministre de l’Agriculture et de la Ruralité, en charge de la Forêt, de la Nature, de la Chasse et de la Pêche en Wallonie
La parole est à M. Spies pour poser sa question.
M. Patrick Spies (PS). –
A l’instar du loup, le lynx pourrait également faire son retour en Wallonie, notamment dans les Hautes Fagnes et la vallée de la Semois, après près de vingt ans d’absence. Selon Bruno Delhaxhe, spécialiste du lynx au sein du GT Loup de Natagora, cette espèce était historiquement indigène dans nos forêts ardennaises et son retour s’explique notamment par la protection européenne, la reforestation, l’augmentation du gibier et les programmes de réintroduction menés dans plusieurs pays voisins.
Ce retour probable est-il une bonne chose pour la biodiversité? Selon certain, le lynx pourrait jouer un rôle positif pour l’équilibre forestier. En tant que superprédateur, il exerce une pression sur certaines espèces, notamment le chevreuil, qui représente une part importante de son régime alimentaire et dont l’abroutissement pèse sur la régénération forestière. Son retour pourrait donc
contribuer à la biodiversité et à la résilience de nos forêts. Mais l’expérience du loup nous a appris qu’un retour naturel d’un grand prédateur doit être anticipé. Même si le lynx est présenté comme discret et inoffensif pour l’humain, sa présence soulève des questions de suivi scientifique, d’information du public, de
cohabitation avec les usagers de la forêt et de coordination avec les acteurs de terrain.
Disposez-vous d’indices confirmés de présence du lynx en Wallonie? Un monitoring spécifique est-il organisé? Envisagez-vous, à l’instar du Plan loup, l’élaboration d’un Plan lynx afin d’anticiper son retour, d’encadrer le suivi scientifique, d’informer les citoyens et de garantir une cohabitation apaisée avec les acteurs ruraux, forestiers et cynégétiques? Le Lynx est-il connu pour s’attaquer aux animaux d’élevage?
